Cyril Blanchard prépare mentalement des sportifs de haut niveau. La question qu'on lui pose le plus souvent, dit-il, tient en une phrase : comment dépasser mes limites ? C'est le fil de sa conversation avec Domitille Kiger, et la championne du monde y déroule une conviction qui est aussi le cœur de sa conférence « De l'Audace » : le courage n'a rien de magique, il se travaille.
Champion de ma vie · Domitille Kiger
Un portrait par un préparateur mental
L'intervieweur n'est pas un journaliste généraliste : il forme des athlètes à la performance et à la prise de parole. L'échange penche donc vite vers les mécanismes, la gestion des émotions, la façon de structurer son état intérieur avant l'effort. Domitille y raconte son parcours, du haut niveau à la scène, et surtout sa manière d'aborder ce que beaucoup croient hors de portée : le dépassement de ses propres limites.
Le courage n'est pas inné, il se construit
C'est le message central, et il vaut bien au-delà du parachutisme. Le courage ne se décrète pas un matin, il se fabrique par la répétition, la préparation, l'habitude de faire malgré l'appréhension. Chaque saut consolide un peu plus la capacité à agir sous tension. Ce qui ressemble, vu de l'extérieur, à une audace naturelle est en réalité le résultat d'un entrainement patient. La bonne nouvelle pour une équipe, c'est que ce qui s'entraine se transmet.
Ni insensible, ni inconsciente : le risque maîtrisé
Domitille tient à défaire un malentendu tenace : pratiquer un sport à risque ne fait pas d'elle une casse-cou insensible. Toutes les disciplines ne se valent pas en dangerosité, le matériel et les procédures ont beaucoup progressé, et ce ne sont pas des inconscients qui les pratiquent. Autrement dit, l'audace qu'elle défend n'est jamais de la témérité : c'est la capacité à distinguer les risques qui détruisent de ceux qui font grandir, et à n'engager que les seconds.
Retrouver du sens dans l'exigence
Si elle est restée, ce n'est pas pour l'adrénaline. Domitille décrit une discipline qu'elle vit comme harmonieuse et créatrice, une forme de chorégraphie en trois dimensions. Le sens n'est pas un supplément qu'on ajoute à la performance, c'est ce qui la rend soutenable dans la durée. La même idée qu'elle porte devant les équipes : on ne se dépasse vraiment que pour quelque chose qui compte.
- Le courage vu comme une capacité qui se construit, pas comme un trait réservé à quelques-uns.
- Des limites repoussées par la préparation, jamais par l'inconscience.
- La lucidité de distinguer le risque maîtrisé de la témérité.
- Du sens dans l'exigence, moteur d'un dépassement qui tient dans la durée.
Cet épisode illustre l'un des cinq thèmes de la conférence « De l'Audace » : L'audace en entreprise →