La Traversée aime les récits de bascule, ces moments où l'on quitte une route toute tracée pour une autre, plus incertaine et plus vivante. Celui de Domitille Kiger commence par un choix risqué assumé, et débouche sur une idée qui parle à toute organisation : la prise de risque devient possible dès lors qu'on sait chuter. C'est exactement la ligne de sa conférence « De l'Audace ».
La Traversée · Domitille Kiger
Oser quitter le connu
Sa première grande traversée, raconte-t-elle, a été un choix : quitter la vie parisienne, les études et une carrière qui pouvait être toute tracée, pour parcourir le monde et sauter d'un avion. Un pari sur l'inconnu, un risque qu'elle n'a jamais regretté. C'est le premier enseignement de l'épisode : les traversées qui comptent commencent presque toujours par la décision d'échanger une sécurité contre une possibilité.
Chuter avec panache
Le titre n'est pas qu'une jolie formule. Domitille plaisante en citant Toy Story : en parachutisme, on ne vole pas vraiment, on tombe avec panache. Et tomber, cela s'apprend. La toute première chose enseignée est une position, à plat, ventre vers le sol, la seule depuis laquelle on peut ouvrir sa voile en confiance. Autrement dit, la chute n'est pas l'accident qu'on redoute, c'est une phase qui a sa technique et sa bonne posture. Vu ainsi, chuter cesse d'être un échec pour devenir une compétence.
La confiance en sa capacité à se relever
C'est le cœur transposable de l'épisode. Domitille ne prétend pas que son parcours a été sans épreuves ni moments difficiles. Ce qu'elle décrit, c'est autre chose : à chaque fois, elle a gardé confiance en sa capacité à se relever. Cette confiance n'est pas la promesse de ne jamais tomber, c'est la certitude d'avoir les ressources pour repartir. Pour une équipe comme pour un dirigeant, c'est elle qui change tout : on ose davantage quand on sait qu'une chute ne sera pas la fin de l'histoire.
Prendre le risque parce qu'on sait rebondir
Les deux idées se rejoignent. Si Domitille assume un métier sans la sécurité du salariat, ce n'est pas par goût du danger, c'est parce que sa résilience rend le risque tenable. On retrouve la mécanique de « De l'Audace » : distinguer les risques qui détruisent de ceux qui font grandir, engager les seconds, et savoir qu'on encaissera les chutes qu'ils comportent. La résilience n'est pas le contraire de la prudence, c'est ce qui autorise l'audace.
- Une prise de risque qui s'appuie sur la résilience : oser, parce qu'on sait se relever.
- La chute vue comme une compétence à maitriser, pas comme un échec à fuir.
- La confiance en sa capacité à rebondir, plus utile que l'illusion de ne jamais tomber.
- Le courage d'un choix qui sort du confort, assumé sans regret.
Cet épisode illustre l'un des cinq thèmes de la conférence « De l'Audace » : La prise de risque en entreprise →