À l'intro très écrite de Florence Grisi, qui décrit une peur qui se transforme sans jamais disparaître, Domitille oppose une nuance décisive : une fois le pas franchi et la chute commencée, sa peur avait, elle, complètement disparu. En une fraction de seconde, on passe d'une peur intense à la joie. La peur ne vit donc pas dans l'action, elle vit juste avant. Ce déplacement change tout pour qui doit décider, et c'est ce que Domitille porte dans sa conférence « De l'Audace ».
Même pas peur · Domitille Kiger
« J'ai peur, mais j'y vais quand même »
Domitille raconte son premier saut, adolescente : à genoux face à l'ouverture, une forte résistance intérieure, parce que rien n'est naturel dans le fait de se jeter d'un avion en parfait état de marche. Il y a l'envie, la curiosité, et cette bravade d'ado qui tire la langue à la caméra pour masquer ce qu'elle ressent vraiment. Sous la façade, une seule phrase résume tout : j'ai peur, mais j'y vais quand même. C'est la définition la plus juste d'une décision courageuse : non pas l'absence de peur, mais le fait d'avancer avec elle.
Un socle de raison sous l'impulsion
Ce pas en avant n'a pourtant rien d'un coup de tête. L'impulsion, explique-t-elle, on la donne parce que c'est son choix, personne n'a forcé, et parce qu'elle repose sur un socle de raison : on a appris la position, les étapes, la façon de se présenter à l'air. Cette préparation ne fait pas disparaître la peur, mais elle autorise à agir malgré elle. Transposée à l'entreprise, la leçon est limpide : décider face au risque, ce n'est ni se forcer à l'aveugle ni attendre que la peur s'en aille, c'est s'appuyer sur ce qu'on a préparé pour franchir le pas au bon moment.
Une peur qui s'apprivoise
Reste que la peur ne s'évapore pas d'un coup. Domitille est honnête : la sienne, au saut, a duré près d'une cinquantaine de sauts, en diminuant crescendo. Pas de bascule magique, mais un apprivoisement progressif, fait d'acceptation et de lâcher-prise. C'est vrai de toute appréhension : on ne supprime pas la peur d'une décision difficile, on la réduit en la traversant, décision après décision. À force, le seuil qui semblait infranchissable devient un simple pas de plus.
- La peur vit juste avant la décision, pas dans l'action elle-même.
- Décider, ce n'est pas ne pas avoir peur, c'est avancer malgré elle.
- Un pas franchi sur un socle de raison et de préparation, jamais à l'aveugle.
- Une peur qui s'apprivoise par la répétition, décision après décision.
Cet épisode illustre l'un des cinq thèmes de la conférence « De l'Audace » : La prise de risque en entreprise →