Le titre du podcast dit déjà l'essentiel. Un pari n'est pas un coup de chance : c'est une prise de risque que l'on assume parce qu'on l'a pesée. C'est exactement la façon dont Domitille Kiger parle du risque, avec plus de neuf mille sauts à son actif. On ne réussit pas sans oser, mais oser ne suffit pas à réussir. Entre les deux, il y a une discipline : celle qui distingue les risques qui détruisent de ceux qui propulsent, au cœur de sa conférence « De l'Audace ».
Pari gagnant #23 · Domitille Kiger
Pari gagnant, le risque regardé comme un pari
Sur son podcast, Mathilde Bécourt aborde le risque comme un pari, un angle qui rencontre directement la thèse de Domitille. Championne du monde de freefly et organisatrice de records de grande formation, elle est venue poser un regard rétrospectif du milieu sportif vers le monde de l'entreprise : gestion du risque, dynamique d'équipe, leadership par l'exemple, préparation mentale. Autant de sujets qu'elle transpose aujourd'hui en conférence et en coaching.
Sa première conviction est nette : prendre des risques est nécessaire pour réussir, mais aucun risque ne garantit le succès. Il y a une part instinctive, presque reptilienne, dans le passage à l'acte. Reste à savoir si l'on parie ou si l'on joue à pile ou face.
Prendre un risque n'est pas parier à l'aveugle
La différence tient entière dans la préparation. Le risque qu'elle assume en vol n'a rien d'une pulsion : il est encadré, répété, sécurisé. Le matériel, les procédures, un déclencheur de sécurité qui ouvre la voile de secours si rien n'a été fait, tout est là pour écarter ce qui pourrait détruire. Ce qui reste, c'est l'audace utile : tenter une figure plus ambitieuse, un enchainement inédit, une organisation plus grande.
C'est la mécanique même de sa conférence. Une équipe qui gagne n'est ni celle qui évite tout risque, ni celle qui parie à l'aveugle. C'est celle qui a appris à trier : renoncer sans discuter aux risques fatals, et engager lucidement ceux qui font avancer.
Sélectionner et préparer l'équipe, pas seulement techniquement
Pour un record, dit-elle, le secret tient d'abord à l'équipe : triée sur le volet, ou construite au fil de camps de sélection et d'entrainement sur un an ou deux. Mais l'entrainement n'est pas que technique. Le vrai sujet, celui qui la passionne, c'est de permettre à un groupe d'accomplir quelque chose de très difficile ensemble sur un temps court : lui donner les moyens mentaux et la confiance qui rendent l'objectif atteignable. C'est ce parallèle avec l'entreprise qu'elle porte en conférence.
Cet engagement pour le collectif a une suite concrète : Joyriders, un des premiers collectifs féminins qu'elle a montés, pour établir des records tout en rendant la discipline accessible aux femmes. Une façon de rappeler que la performance d'un groupe se joue d'abord dans sa composition et dans ce qu'on lui donne pour oser.
Le leadership par l'exemple : reconnaitre son erreur
Elle raconte un épisode qui a compté. Au début de sa pratique professionnelle, une erreur de trajectoire de sa part provoque une collision en chute libre. La personne percutée s'en tire grâce à son déclencheur de sécurité. L'erreur, elle, a coûté une grande compétition à son équipe cette année-là.
Ce qu'elle en retient dépasse l'incident. Reconnaitre une erreur quand on est en position de leadership marque bien plus les esprits que de la masquer. C'est devenu une histoire qu'elle transmet, et un principe de leadership par l'exemple : la crédibilité d'un dirigeant se construit aussi dans sa capacité à assumer ce qui n'a pas marché.
- Une culture du risque adulte, qui distingue le pari calculé du coup de dé et n'ose que ce qui fait avancer.
- Des dirigeants plus crédibles, parce qu'ils reconnaissent leurs erreurs au lieu de les masquer.
- Une équipe sélectionnée et préparée mentalement autant que techniquement.
- Une préparation mentale qui transforme l'appréhension en lucidité au moment de décider.
Cet épisode illustre l'un des cinq thèmes de la conférence « De l'Audace » : La prise de risque en entreprise →