Il y a un instant précis où une vie possible se met à exister. Pour Domitille Kiger, c'est une rencontre, à l'autre bout du monde, avec des gens qui ont fait de leur passion un métier. Ce déclic, « si c'est possible pour eux, pourquoi pas moi », est le point de départ de toute audace : se donner la permission d'une trajectoire que personne n'avait tracée pour vous.
Pourquoi pas moi ? #131 · Domitille Kiger
Un podcast sur ceux qui ont osé écouter leur petite voix
Pourquoi pas moi ? est le podcast de Charlotte Desrosiers, consacré aux personnes qui ont osé changer de voie et écouter leur intuition. Le format est un entretien sans coupe, sans tabou, qui cherche à comprendre ce qui se passe entre le moment où l'on se dit « pourquoi pas moi » et celui où on rend la chose possible. Un cadre idéal pour entendre Domitille remonter à la source de ses choix.
Le déclencheur : « si c'est possible pour eux, pourquoi pas moi ? »
Avant 2008, sa route semblait tracée : des études d'histoire à la Sorbonne, l'envie de faire de la recherche, un master en audiovisuel, le documentaire. Le parachutisme était une passion, pas un horizon professionnel. Dans sa famille, aucun exemple, ni dans ce sport ni dans le sport en général. Vivre de sa passion lui semblait à des années-lumière de sa réalité.
Puis vient ce voyage aux États-Unis, où elle rencontre des gens qui vivent pleinement du vol libre. Le basculement tient en une phrase qu'elle se formule à elle-même : si eux le peuvent, pourquoi pas moi. Ce n'est pas de l'inconscience, c'est une permission qu'on s'accorde. Le premier acte d'audace n'est pas le saut, c'est de s'autoriser à viser.
Quand l'envie devient engagement total
Se dire « pourquoi pas moi » ne suffit pas, encore faut-il s'engager. À vingt-trois ans, une place en équipe de France se présente, une opportunité qu'elle refuse de laisser passer. Elle assume alors une forme de précarité : s'entraîner, coacher, dormir dans sa voiture ou dans des caravanes sur les centres de parachutisme, gagner modestement sa vie. En échange, elle fait ce qu'elle aime avec les gens qu'elle aime. De ces années, dit-elle, elle a tiré une réserve de joie et de confiance qui l'a portée longtemps.
On retrouve ici sa signature : le collectif comme moteur. L'engagement n'est pas un pari solitaire, il se vit avec une équipe, et c'est ce lien qui donne le courage de tenir. C'est la matière de performer ensemble.
Oser, tout en gardant un parachute
C'est la formule qui résume sa philosophie du risque, et elle est limpide. Oser, oui, mais sans jamais couper son filet. Ne pas confondre l'audace avec l'imprudence. Prendre le risque qui fait grandir en gardant de quoi se rattraper si tout ne se passe pas comme prévu. C'est très exactement la distinction Fatal / Vital au cœur de sa conférence : distinguer les risques qui détruisent de ceux qui propulsent, et se donner les moyens des seconds.
La conversation touche aussi à la résilience, à la capacité de se relever après des épreuves. Là encore, c'est la même lucidité qui agit : regarder les choses en face, et avancer.
- Le premier acte d'audace est de s'autoriser à viser. Beaucoup s'interdisent une ambition avant même d'avoir essayé.
- Une envie ne vaut que par l'engagement qui suit. Ce qui distingue un rêve d'un projet, c'est ce qu'on accepte d'y investir.
- Oser sans filet n'est pas de l'audace, c'est de l'imprudence. Prendre le bon risque, c'est garder de quoi se rattraper.
- Le collectif rend l'engagement tenable. On tient plus longtemps quand on avance avec les bonnes personnes.