Le titre du podcast est déjà une thèse : tout part de soi. On ne décrète pas l'engagement d'une équipe, on en crée les conditions, et cela suppose d'avoir d'abord regardé en face son propre rapport à la peur et au risque. C'est le fil de cette conversation avec Domitille Kiger, et c'est aussi le socle de sa conférence « De l'Audace » : l'audace qu'on porte devant un public commence par celle qu'on a apprivoisée pour soi.
Tout part de soi · Domitille Kiger
Un podcast sur le management qui commence par soi
Greg Arvis et son co-animateur ouvrent leur quatrième saison sur un thème qui va bien à leur invitée : engagement et prise de risque. Championne du monde de freefly et conférencière, Domitille aide aujourd'hui les managers à créer les conditions de l'engagement et de la prise de risque au sein de leurs équipes. Un objectif qui vient en droite ligne de ce qu'elle fait dans le ciel, où organiser un record relève, dit-elle, pleinement du management et du leadership.
La peur, prise comme une boussole
Le vide qui effraie tant, explique-t-elle, n'existe pas vraiment : on est porté par l'air. Ce qui reste, c'est la peur d'avant, et Domitille lui accorde une utilité précise. Il y a selon elle une proportionnalité entre l'apprehension ressentie avant l'action, la joie éprouvée pendant, et la fierté qui suit. Plus une chose fait peur, plus elle a de chances de rendre fier de l'avoir faite.
Cette lecture n'est pas une invitation à foncer tête baissée. C'est un repère pour décider : reconnaître dans l'appréhension le signe d'un enjeu qui compte, sans confondre ce trac utile avec le vrai danger, celui qu'il faut écarter. La même ligne de partage que celle qu'elle porte sur scène.
Créer les conditions de l'engagement
Le cœur de sa transposition tient là. Pour qu'un record soit validé, l'intégralité de l'équipe doit réussir le même saut, au même instant : soixante, deux cents personnes qui exécutent parfaitement, ensemble. La vraie difficulté n'est plus la peur de sauter, c'est la gestion du stress et des émotions, garder la tête froide et dérouler un plan conçu en amont mais respecté à la lettre.
Ce rôle, elle l'a construit à l'instinct, par essais et erreurs, en observant ce qui fonctionne sur des humains et ce qui ne fonctionne pas. Constituer une équipe, l'encadrer, lui donner les moyens d'atteindre un objectif ambitieux dans un environnement tendu : c'est ce vécu qu'elle met aujourd'hui au service des dirigeants et des managers.
L'audace, une valeur qui part de soi
Si elle ne devait retenir qu'une chose de sa carrière, ce serait l'audace, apprise très jeune grâce à ce sport et utile toute sa vie ensuite. Mais une audace ancrée dans la connaissance de soi et de ses limites, celle qui permet de savoir où placer son curseur sur l'échelle du risque. C'est la promesse de « De l'Audace » : performer ensemble en distinguant les risques qui détruisent de ceux qui propulsent, à commencer par les siens.
- Des managers qui créent les conditions de l'engagement et de la prise de risque, au lieu de les décréter.
- Une lecture de la peur comme boussole : ce qui effraie le plus est souvent ce qui fait le plus grandir.
- Un plan tenu à la lettre même sous pression, parce que la réussite du collectif en dépend.
- Une audace qui part de soi : connaître ses limites pour mieux placer son curseur.
Cet épisode illustre l'un des cinq thèmes de la conférence « De l'Audace » : L'engagement des collaborateurs →